Amapola - Le blog d'Olivier Sebban

jeudi 28 mars 2013

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dimanche 17 mars 2013

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jeudi 7 mars 2013

 

 

Bel Article signé Clhoé Brendlé dans

du mois de mars à propos de mon roman "Roi Mon père"

 

 

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jeudi 14 février 2013

Roi mon père

« Roi mon père »mon troisième roman, un récit archaïque que j'ai voulu au plus proche des récits bibliques dont mon travail est pétri. Ce roman n'est pas autre chose que le parcours d'un homme, faux prophète et mauvais berger pour ses fils, la métaphore de notre époque et de ses désirs équivoques, de ses replis.

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samedi 15 janvier 2011

France Culture. W Faulkner

Chers lectrices et lecteurs, n'hésitez à pas écouter l'émission "Une vie une Œuvre"  dimanche 16 janvier, de 16h à 17h, sur France Culture, consacrée à William Faulkner. Une émission à laquelle j'ai eu le plaisir de participer en tant qu'invité.   

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dimanche 2 janvier 2011

Mission Stendhal à New-York Culture France

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Chers lecteurs, je suis très heureux de vous annoncer que je viens d'obtenir une bourse Stendhal pour aller  écrire un roman dont la ville de New-York sera l'un, sinon le personnage principal. L'occasion pour moi de m'attaquer à un livre qui me tient à cœur depuis longtemps !

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mardi 6 juillet 2010

Extrait d’une interview de Jim Harrison, conduite par Jim Fergus pour la Paris Review n° 104


 

 

Interviewer

 

Avez-vous des conseils à donner aux jeunes écrivains ?

 

Jim Harrison

 

Juste de commencer à la page un et d’écrire comme un fils de pute. D’être totalement familier avec toute la tradition littéraire occidentale et, si vous avez encore le temps, d’aller voir la tradition orientharrisonale. Parce que comment pouvez-vous écrire bien si vous ne savez pas ce qui est considéré comme le meilleur des trois ou quatre cents dernières années ? Et ne négligez pas la musique. Je pense que la musique peut aider vraiment. Maintenez vos distances avec les obligations religieuses, politiques et sociales. Et j’aurais tendance à pensez qu’il ne faut pas abandonner tant que ce n’est pas évidemment et totalement impossible. Comme l’image Dostoïevskienne – quand vous voyez le mur vous êtes censé mettre les mains sur le côté et vous lancer dedans la tête la première encore et encore. Et pour finir, je les avertirais que la démocratie ne s’applique pas aux arts. Il y a un très petit pourcentage de gens qui ont tout et tous les autres n’ont virtuellement rien.

 

Vous pouvez lire sans restrictions les romans de Jim Harrison, à commencer par Dalva, La route du retour, Faux Soleil, Sorcier ainsi que ses nouvelles : Légendes d’automne par exemple.     

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vendredi 11 juin 2010

"Le jour de votre Nom" Prix François-Victor Noury


Chers lectrices et lecteurs de ce blog,

Je suis très heureux et très honoré d'être lauréat du prix François-Victor Noury de l'Institut de France pour mon second roman "Le jour de votre Nom".

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lundi 7 juin 2010

Giono Melville

Voici un extrait du très beau livre de Jean Giono : « Pour saluer Melville ». Occasion d’évoquer deux de mes auteurs favoris. L’extrait de Giono ne pourrait être plus explicite et me va totalement. Droit au cœur ! Je vous conseil la lecture de Giono, grand styliste et grand métaphysicien, « un roi sans divertissement », « Les âmes fortes » « Le chant du monde », par exemple. Snober encore Giono serait vraiment stupide. Je vous recommande bien sûr celle d’Herman Melville et de son  chef-d’œuvre : « Moby Dick »  

 moby_dick_gravureL’œuvre n’a d’intérêt que si elle est un perpétuel combat avec le large inconnu. A moi de construire mes compas et ma voilure. Le jeu c’est de toujours partir pour tout perdre ou pour tout gagner. Avec le livre qu’il vient d’écrire et qu’on va publier, on va le prendre pour un rebelle. Les gens aiment la classification. Il n’est un rebelle que parce qu’il est un poète. On ne peut le classer qu’à son nom. Il n’est pas plus un écrivain de la mer que ce que d’autres sont des écrivains de la terre. Il est Melville Herman Melville. Le monde dont il exprime les images, c’est le monde Melville. Et après ça que Dieu soit béni. S’il y a une continuité dans son œuvre, que se soit seulement sa marque. Ses titres ne sont en réalité que des sous-titres ; le vrai titre pour tous ses livres c’est Melville, Melville, Melville, et encore Melville, et toujours Melville. Je m’exprime moi même ; je suis incapable d’exprimer un autre être que moi. Je n’ai pas à créer ce que les autres me demandent de créer. Je n’entre pas melvilledans la loi de l’offre et de la demande. Je crée ce que je suis : c’est ça un poète. Il réfléchissait que, s’il voulait, il serait aussi habile que d’autres à faire du commerce littéraire. Mais, quelle vie insignifiante. Ils devaient crever d’ennui. Quand il était, au contraire, lui, perpétuellement tourmenté, perpétuellement inquiet, toujours haletant de courses et de poursuites, toujours anxieux de ce qui allait surgir après le détour. Terrassé par de terribles désespoirs sans issue, avec des créations qui foutaient le camp et s’écroulaient comme de la boue, se disant : tu es un Jean-foutre, incapable de créer la moindre chose ; et d’autres fois soulevé d’enthousiasme, il se disait : ça y est, les petits copains peuvent toujours se l’accrocher. On le croyait riche, il était pauvre. On lui disait qu’il n’avait pas vraiment suivit les goûts du public et travaillé suivant ses goûts. Il répondait : « je suis célèbre et il y 41D5K9J635Ldes pauvres bougres qui me lisent et disent : ça c’est un chic type. Et ils sont contents de savoir qu’il existe un chic type ; qu’est-ce que vous voulez de plus. » Oui, mais, paraît-il, il avait trop négligé de surveiller sa maison de commerce. Oui, il disait sa maison de commerce ; se désintéressant d’un livre dès qu’il paraissait pour se consacrer entièrement à celui qu’il allait écrire. « Il faut faire un peu de réclame », lui disait-on. Ah ! Il avait de la réclame à faire pour autre chose : de la réclame pour la boutique de dieu-le-père, voilà mon boulot. »    

Jean Giono  « Pour Saluer Melville »                        

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mardi 30 mars 2010

Avant d'écrire. "A la maniére de John Gierach"

DSCN0123Vous vous réveillez tôt le matin, à la fraîche, l’expression convient parfaitement, même si vous avez la certitude que la journée sera chaude et le ciel bleu, intense comme il l’est si rarement à Paris. Vous passez par la cuisine, récupérez votre petit déjeuner et sortez sur la terrasse pour vous installer dans le jardin, derrière la petite maison en brique où vous séjournez avec votre compagne. Assis dans un fauteuil en tissu imperméable, modèle utilisé par les pêcheurs du coin, vous mangez tranquillement en regardant le grillage où vous avez aperçu, la veille, dans les phares de votre voiture, un énorme raton laveur. Vous observez devant vous les broussailles et les maisons cachées derrière de grands pins. Quelques écureuils gris bondissent entre les branches d’un chêne rouge. Un geai bleu, plus gros que nos merles, un cardinal rouge vif, un robin, se posent parfois dans l’herbe. Deux chats tigrés viennent vous saluer et renifler la mousse sur la terrasse. Ca commence comme une journée de pêche à la mouche décrite par John Gierach, Traité du Zen et de l’art de la pêche à la mouche, dont je vous recommande la lecture, même si de votre vie vous n’avez jamais capturé la moindre truite. Il s’agit du début d’une matinée de travail et de concentration. DSCN0134Vous allez bientôt rejoindre l’un de vos endroits favoris pour écrire les derniers chapitres de votre second Roman. Café à volonté. Le Globe ou le Walker’s ? Au Globe il fait frais et des portraits d’écrivains Irlandais que vous aimez sont accrochés au mur. Le nom du Pub vous évoque un certain Bill S, son théâtre londonien construit sous le règne d’Elisabeth. Pourtant vous êtes à une centaine de miles au sud-ouest d’Atlanta, à Athens, Georgia, ville universitaire du vieux Sud des Etats-Unis. Maintenant vous traversez à pied l’Université. Une demi-heure de marche. Vous longez le stade de foot, les bâtiments de briques rouges et leurs colonnes blanches de style néoclassique. Magnolias, chênes, pins, chèvrefeuilles, caroubiers. La terre est rouge. Quelque chose de british DSCN0141tombé par accident sous un climat subtropical ; mais les ombres sont si larges sur les pelouses et vous avez longé un vieux cimetière où des soldats confédérés sont enterrés. A midi vous irez sans doute déjeuner au Five Star, vous lirez ensuite un peu de Giono, Un roi sans divertissement, peut-être Erskine Caldwell, Toute la vérité, un auteur considérable qui vécut dans la région.

 

Vous êtes en Caroline du Nord, à Black Mountain. Vous vous rendez à pied au Dripolator coffeehouse, tôt le matin, à la USA_001fraîche, l’expression convient parfaitement. Vous irez vous asseoir à l’écart afin d’écrire les derniers chapitres de votre second roman. Vous avez dormi dans une immense maison isolée au milieu des bois. Les gens du coin l’appellent le manoir. On vous a montré des chausse-trappes dans les lambris. Le propriétaire y dissimulait ses bouteilles d’alcool pendant la prohibition. De quoi stimuler votre curiosité et votre imaginaire. Vous allez solitaire, une ribambelle de fantômes accrochés à vos basques depuis que vous avez claqué la porte. Vous longez de petites maisons de style colonial, croisez de temps à autre la flèche blanche d’une église. Un type au volant d’un pickup 12 cylindres en V, passe et vous salue. Vous venez d’une très ancienne civilisation. Peu importe. Les civilisations ne font que se succéder, conformer leurs destinées les unes aux autres. Vous parvenez au centre ville : Short et Tennis. USA_009Que deviennent les vieilles civilisations quand la majorité de leurs citoyens ont perdu le sens de la langue ? Que deviennent les civilisations quand les récits fondateurs ne réinventent plus le réel ? Vous êtes sans doute trop pessimiste. Vous avez embarqué Cendrars avec vous,  La prose du transsibérien et Lorca pour garder un pied en Espagne, un pied ici et ailleurs, dans la dining_Dripolatorcivilisation. Vous avez aussi prévu Neruda et Derek Walcott dans la sacoche de votre ordinateur. Vous songez que Thomas Woolf n’habitait pas loin, à Asheville où Fitzgerald tira quelques coups de révolvers au plafond d’un hôtel. Beaucoup de bons écrivains sont passés et ont vécu dans les environs.

Vous êtes loin. Quand vous rentrerez en France vous aurez tout le temps de penser à votre subsistance, à votre survie. Certaines vieilles cités vous manquent, mais ici, au moins, vous ne pensez pas à l’accueil qu’on réservera à votre livre quand vous l’aurez terminé. Ici vous n’êtes n584154252_472089_8741pas obligé de parler, de forcer votre nature ou d’avoir l’air spirituel. Ici on vous salue Ici vous aimez saluer les gens. Vous essayez de parler leur langue. On est indulgent. Vous songez qu’écrire ce n’est pas expliquer ni transmettre, mais peut-être essayer de fraterniser avec quelque chose. Vous espérez y arriver. Pas facile. Il faut s’éloigner. Dans l’après-midi vous irez en montagne, arpenter un sentier cherokee, dans les Appalaches ou ailleurs, et le travail du lendemain s’accumulera lentement en vous. cezanneIl faut s’éloigner. Vous irez bientôt à New-York, grâce à deux amis. Au Moma vous attend un Cézanne, une nature morte, un choc. Vous irez aussi à Oxford Mississippi visiter ce cher W F, à Charleston et Savannah, offerte intacte à la fin de la guerre civil. Un cadeau de noël du Général Sherman au Président Lincoln. Une jeune civilisation arbore très vite les stigmates de sa propre histoire, renoue toujours avec les bégaiements de ses sœurs ainées.

Maintenant vous êtes en France. Il pleut cette petite pluie fine, agaçante. Personne ne vous salue dans les rues. Il faudrait songer à s’éloigner. 

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